Notre arrivée à Curaçao, une des îles ABC au nord du Vénézuela, fut pour le moins surprenante ! Arrivant de Grenade, pays très justement considéré à faible risque car sans aucun cas actif de Covid depuis plus de 2 mois, nous nous attendions à échapper aux tests PCR, comme l’indiquait le site du gouvernement… Mais c’était sans compter sur les changements de règles soudains avec mise en application immédiate ! Pendant les 3 jours de notre traversée, la procédure avait changé, désormais, plus de liste de pays à faible ou à haut risque, tous les voyageurs sont à la même enseigne : test PCR à l’arrivée, quelle que soit la provenance, quel que soit l’âge, pour la modique somme de 90$ par personne. Après le contrôle des douanes et de l’immigration le jour de notre arrivée, nous passons une mini quarantaine de 2 jours au mouillage de Kabrietenbay dans Spansee Water, 24h d’attente pour passer les tests puis encore 24h pour les résultats. Juste assez pour compléter la culture cinématographique des enfants avec les classiques de notre bien aîmé Louis : Le Corniaud et La Grande Vadrouille.
Le mouillage est calme, au pied de la mangrove, son seul inconvénient est l’eau trouble qui ne nous donne pas très envie de nous baigner.



Samedi soir, enfin, nous voici libérés et nous pouvons débarquer à terre. Nous fêtons cela par un bon dîner au restaurant en dégustant de délicieux cocktails à la fameuse liqueur de Curaçao.


Notre première impression de Curaçao tranche drastiquement avec l’ambiance que nous avons laissée à Grenade. Les jetskis sont plus bruyants que les barques de pêche ; sur la route, les gros pick-ups et les hummers remplacent les minibus bondés aux couleurs rastas ; ici, plus de poule ni de chèvre sur les bas-côtés, juste les Clerc qui tentent tant bien que mal de faire du stop pour revenir de l’unique supermarché du coin, à plus de 20 minutes à pied. Les plages sont privées et super aménagées avec parasol et transat payants, bar hyper design, rap américain à fond et défilé de strings fluos « Maman, t’as vu, la dame elle a les fesses à l’air ! ». Bref, on va essayer de passer outre ce tourisme que nous n’affectons pas particulièrement pour aller découvrir des coins plus authentiques…

Le lendemain, nous en profitons pour faire le tour de la presqu’île de Kabrietenberg à pieds et allons visiter le fort de Beekenburg (tous ces noms à la consonance un peu barbare sont bizarres, me direz-vous, mais c’est en raison de l’influence hollandaise, encore très forte, puisque l’île n’a acquis son autonomie politique qu’en 2010 et qu’elle fait encore partie du royaume des Pays-Bas).





Puis nous profitons de la magnifique plage de Director’s Bay, autrefois privée, appartenant aux dirigeants de la Shell et désormais accessible à tous, avec de jolies paillotes en feuilles de palmiers pour pique-niquer, et une eau turquoise transparente et scintillante, qui fait presque mal aux yeux !
Le long du sentier, de nombreux perroquets verts et jaunes nichent dans les cactus et les buissons et nous régalent de leurs chants. Trop farouches, nous ne réussirons malheureusement pas à les photographier de près.
Lundi, nous décidons de louer une voiture pour aller crapahuter dans l’île et se dégourdir les jambes. Après un vrai jeu de piste entre les bus, les bureaux de la douane situés dans le centre de Willemstad, la capitale, ceux de l’immigration à l’autre bout du port à plus de 40 minutes de marche, les agences Hertz mal localisées sur Maps, quelques coups de fil dans le vide pour les trouver et une matinée de recherche, nous récupérons enfin la voiture à l’aéroport, et partons visiter la grotte Hato.





Cette drôle de cavité n’est pas souterraine, contrairement aux nombreuses autres grottes que nous avons pu voir auparavant et notamment à Lanzarote. Sa formation n’est pas non plus d’origine volcanique mais due à l’infiltration de l’eau de pluie dans la roche calcaire et donc poreuse. Nous nous promenons seuls avec notre guide au milieu des stalactites et des stalagmites vieilles de plusieurs centaines de milliers d’années. Nous rencontrons des nuées de chauves-souris, sur lesquelles nous apprenons des tas de choses : ce sont les seuls mammifères volants et elles peuvent rester pendues au plafond à l’envers pendant des mois, certaines meurent même dans cette position. Une fois qu’elles ont choisi un lieu de reproduction, elles n’en changeront plus jamais, inutile d’essayer de les déloger… C’est en les connaissant mieux qu’on les apprécie et fort heureusement car quelques-unes viendront nous rendre visite à bord dans le carré le soir au mouillage ! Autant vous dire que je n’ai pas pu retenir un cri de surprise…
Après cette expérience sombre, humide et obscure, rien de tel qu’une journée plage au soleil dans l’eau limpide et sur le sable chaud et doux…










Très peu de touristes ici aussi, donc nous profitons des transats de certaines plages privées restées fermées devant la maigre affluence. Nous partons en snorkelling tous les 4 à la découverte des magnifiques poissons, coraux et éponges multicolores ainsi que des tortues très peu farouches avec qui nous nageons de longues minutes !








Après ces escapades, l’appel de l’altitude se fait à nouveau entendre et bien que Curaçao ne soit pas bien haute, nous partons à l’assaut de son sommet qui culmine à 375 mètres au milieu de Christoffelpark, une réserve naturelle au nord de l’île. Certes, le sentier est amusant, les enfants crapahutent entre les pierres et les buissons, la fin est plus de l’escalade que de la randonnée, et la vue est superbe depuis le sommet…





Mais, avec les gardes du parc, nous expérimentons le plus bel exemple des dérives de la civilisation moderne qui déresponsabilise l’individu tout en privilégiant son confort (relatif) et détruit l’équilibre naturel au prix fort. En effet, les différents sentiers du parc étant peu ombragés, et celui du sommet particulièrement, il est interdit d’y monter après 10h. Très bien, nous l’avions lu et nous respectons la règle, nous nous sommes volontairement réveillés à l’aube pour arriver tôt malgré les 1h30 de route. Mais c’était sans compter sur le zèle de la ranger à l’entrée, effrayée de nous voir avec des enfants par cette chaleur insoutenable de 28 degrés (autant vous dire que la canicule aixoise sans un souffle d’air est autrement plus désagréable…), et qui, fière de son autorité, nous interdira d’accéder en bas de la montagne à pieds en nous obligeant à utiliser notre voiture ! Idem au retour, il est 11h, nous avons envie de prolonger notre marche vers le rivage, la brise marine est douce et le chemin est à moitié dans la forêt, mais non, là encore, le ranger en chef qu’on a dû appeler à la rescousse pour arrêter ces dangereux vagabonds aventuriers du désert, nous interdit de marcher ! Bilan : nous avons payé 40$ de droit d’entrée dans un parc naturel pour avoir le droit de cramer de l’essence… Je tente d’expliquer au ranger le manque de cohérence de sa décision absurde et arbitraire, nous sommes responsables de nos actes et nous savons juger des conditions selon nos capacités, nous avons 4 litres d’eau avec nous, bla bla … même Thomas et son calme olympien ne réussissent pas à le convaincre. Évidemment, je m’énerve… fort…, rouge de colère, faute d’être rouge de chaleur, « toute façon, ils sont tous obèses ici, à ne jamais marcher et à rouler dans leur gros pick-ups climatisés en mangeant des chips et en buvant des sodas toute la journée… ». A ce moment-là, étrangement, le ranger ne veut plus rien entendre (je crois que je l’ai un peu vexé), on sera priés de quitter les lieux et de revenir le lendemain à une heure décente ! Espèce de muffle… Avant de partir, on a juste le droit de visiter le musée et d’admirer l’aire de pique-nique jonchée de détritus en plastique et de cannettes vides. Pour l’expérience « protection et respect de la nature », on reviendra… ou pas !
Nous oublions cette déconvenue en réussissant à braver le méchant astre brûlant dans Shete Boka Natural Park, un autre parc situé au bord de la côte au vent, encore moins ombragé, mais où personne ne vient nous embêter pour marcher, allez comprendre !
Le parc est composé de 7 criques successives, à la roche déchiquetée par la mer et le vent qui ont creusé des trous, des ponts naturels ou des grottes entières. Les vagues s’y engouffrent et se fracassent dans une impressionnante fureur. Nous prenons un grand bol d’air frais et iodé et ça fait un bien fou.







Le lendemain est plus calme ; nous troquons les rangers et les vagues insensées contre la sérénité des salines Sint Marie et de leurs flamands roses. Ils sont peu nombreux mais nous gratifient du très joli spectacle de leurs ailes déployées en vol, comme des robes de couture en taffetas noir et soie rose.





Cette balade dans les salines est surtout l’occasion de découvrir une drôle d’espèce de méduses : la Cassiopée de mangrove, équipée d’algues sous ses filaments, qui se retourne de haut en bas pour s’exposer à la lumière et ainsi favoriser la photosynthèse.


Toutes ces observations de la faune et la flore aquatiques, en plein cagnard, nous ayant assoiffés, nous allons nous désaltérer à la Landhuis Chobolobo, la maison de planteurs où siège la distillerie de LA liqueur locale, le fameux Curaçao bleu ! Sauf qu’en réalité, cette liqueur préparée à base d’écorces d’orange est naturellement transparente et que le colorant bleu est ajouté en toute fin de fabrication, mais de la même manière qu’il existe aussi des versions rouges, vertes ou oranges… Allez savoir pourquoi c’est la bleue qui est aussi connue ?



Pour la petite histoire, cette liqueur est née au XVIIIème siècle de l’importation des oranges de Valence, la fameuse variété Laraha. Avant d’être hollandaise, Curaçao était espagnole et comme tout bon colon prêt à conquérir le monde selon sa propre conception de l’ordre établi, les Espagnols ont tenté de faire pousser des orangers à Curaçao. Un détail d’importance auquel ils n’avaient pas pensé : le climat… fort différent de leur Espagne natale… avec le soleil cuisant et l’aridité intense de la terre, les oranges juteuses et sucrées qu’ils connaissaient sont restées désespérément vertes et amères, à tel point que même les chèvres n’en voulaient pas ! Que faire alors de tous ces orangers plantés ? C’est alors que Signor Senior (ça ne s’invente pas !) eu l’idée avec son copain pharmacien maîtrisant l’art de la distillation, de mettre au point une recette de liqueur à base d’écorces d’orange ; après 10 ans de recherches et de tentatives, la liqueur Senior était née. La recette est encore jalousement gardée et associe à l’orange diverses épices comme le clou de girofle, la cardamome et une secrète, le tout distillé avec de l’alcool de canne à sucre.
Après la visite, nous avons le droit à la dégustation d’un cocktail de notre choix et même les enfants trempent leurs lèvres dans la liqueur aromatisée au chocolat, pour le plus grand bonheur d’Olivia, mais « c’est fort ! ».




Malheureusement, l’appellation géographique « Curaçao » n’étant pas protégée comme le Champagne et ne pouvant être déposée en tant que marque, la famille Senior s’est vite fait dépossédée de sa création avec les innombrables copies qui ont essaimé à travers le monde ; un vrai cas d’école qui me rappelle mes cours de marketing et de propriété intellectuelle… Néanmoins, nous sommes passés par la boutique et Vagabond a donc dans ses cales la véritable liqueur ! Ouf, l’honneur est sauf !
En fin de semaine, nous allons nous promener dans Willemstad. Après les grands espaces naturels, une piquouse d’ambiance citadine nous permet de découvrir les maisons colorées d’Otrobanda, le quartier Ouest séparé de Punda à l’est par le fameux Queen Emma bridge, un pont articulé qui se replie pour laisser passer les bateaux, et notamment un monstre qui nous a bluffé : Le Seven Oceans, qui pose des cables sous-marins à 3000 mètres de profondeur avec une énorme grue à l’arrière. Augustin était scotché!








La ville est très mignonette, on se croirait entouré de maisons de poupées, toutes de couleurs différentes avec pour certaines, des carillons et des personnages animés comme pour Noël !!






Le street art est aussi bien développé avec de belles fresques qui ornent les bâtiments à l’abandon et apportent un peu de fantaisie aux façades bien lisses du port qui abritent les boutiques de luxe.






Nous allons visiter le musée Kura Hulanda qui retrace l’histoire de la colonisation et de la traite des noirs avec l’essor du commerce triangulaire dont les Hollandais étaient de fervents acteurs. On a décidé de troquer une partie du programme d’histoire d’Olivia contre les évènements marquants des Antilles depuis leur découverte, parce que franchement, Charlemagne et Saint-Louis au milieu des Caraïbes, ça manque un peu de réalisme et de cohérence…










On passe assez vite sur les gravures détaillant la barbarie du transport des esclaves par bateau et les châtiments qui leur étaient réservés en cas de désobéissance, pour le bien-être des enfants et la préservation de leur sommeil… mais on s’attarde sur les pièces d’art africain, qui passionnent Augustin. Entre masques guerriers, instruments de musique et reconstitution de huttes, on est transportés au Mali, au Bénin, au Ghana, au milieu des danses traditionnelles, au son des tam-tams et des incantations des sorciers !
Nous visitons également le musée maritime qui abrite de très jolies maquettes. Augustin est en admiration totale et rêve déjà d’en fabriquer avec son grand-père… A bon entendeur ! L’histoire de la ville et du développement de son port est retracée au travers des attaques successives des Français (un peu), des Anglais (beaucoup) et des pirates de tous bords, dont Barbe-Noire qui terrorisa un sacré paquet de capitaines de vaisseaux.





Au dernier étage, une salle entière est consacrée à la Dutch Caribbean Army, sur-équipée et très présente, que ce soit en mer ou même à terre avec une milice privée formée et entraînée par le corps de la marine. Et on en a fait l’expérience, que ce soit, à notre arrivée, immédiatement repérés par les garde-côtes, même à 3 milles de la côte et même à 4h30 du matin ( !) ou plus tard à Klein Curaçao. Car ici, pour changer de mouillage, il faut demander au Harbour Master une autorisation payante qui n’est délivrée que pour 3 jours bien précis et décidés à l’avance. Et gare aux resquilleurs, les coastguards veillent en navette rapide, en avion qui vole en rase-motte, ou épaulés par certains bateaux de pêche qui, l’air de rien, sont étrangement venus nous prendre en photo… C’est que le Venezuela est tout proche, que l’île est une plaque tournante de la drogue aux Caraïbes, à tel point qu’elle abrite une base de l’US Air Force…
Mais sinon, l’ambiance est cool… rassurez-vous ! En tout cas, ce ne sont pas les poissons perroquets et chirurgiens qui diront le contraire…
Car une autre particularité de Curaçao, c’est la beauté de ses fonds marins, et comme je me fais vieille, et que mon mari en a assez de me voir patauger en surface avec mon tuba, il m’a offert mon brevet Open Water ! Quel astre… Pendant qu’il s’occupait des enfants en animant l’école et les après-midi plage, j’ai passé 3 jours à plonger au milieu des coraux et des éponges multicolores, au-dessus d’épaves et au milieu de poissons que je n’avais vus jusque-là que dans des aquariums ou en photo. J’ai expérimenté cette sensation dingue d’être en apesanteur, la 3ème dimension prend tout son sens et le calme assourdissant est si paisible et apaisant que remonter à l’air libre est ressenti comme une agression !
Et quel spectacle… La beauté époustouflante de toute cette vie sous-marine, comme un équilibre fragile mais en perpétuel mouvement, comme une société secrète qu’on observe d’un œil étranger qui tente de se faire discret, avec son lot de scènes émouvantes (la danse des poissons pijamas qui nagent toujours en duo) ou rigolotes (ces drôles d’anémones qui se replient sur elles-mêmes comme si elles jouaient à cache-cache).
Bref, je pourrais en parler des heures, les photos n’illustrent pas le 100ème du spectacle mais tout est gravé dans ma tête, en attendant la prochaine plongée…
Et j’ai même transmis le virus (un sympa celui-ci !) à Olivia qui a réalisé son baptême de Scuba ranger en bouteilles ! Elle a adoré et s’est très bien débrouillée.





Et en sortant de la plongée, dur retour à la réalité… On apprend qu’un lockdown de 15 jours minimum est décrété pour le surlendemain avec confinement strict, commerces non essentiels fermés, plages interdites, et circulation automobile limitée en fonction du numéro de plaque… C’est le moment de partir, nous passons donc ces 2 derniers jours en mode commando pour avitailler avant la ruée dans les supermarchés et en bravant les bouchons sur la route, refaire notre parcours du combattant pour la clearance de sortie entre les bureaux des douanes et de l’immigration à l’autre bout de la ville (un grand moment aux douanes alors que nous ne sommes pas autorisés à pénétrer dans le bâtiment pour cause de risque majeur de Covid bien entendu, mais que l’officier vient chercher nos papiers sur le pas de la porte, le masque sur le menton en nous tendant un stylo pour signer le formulaire… très cohérent! et tellement pratique de signer des papiers dans la rue debout contre le mur…). Puis, la journée se termine par une épopée pour faire le plein d’eau : la station carburant la plus proche de notre mouillage est fermée, le lockdown a dû commencer plus tôt pour elle, et après avoir trouvé une autre marina dans la baie, s’être renseigné sur la profondeur « 15 feet, no problem » (4,5 mètres), être passé sur une patate avec un joli 0,7 au sondeur… avoir poireauté 1/2 heure qu’un motoryacht finisse son plein, réussi à enfin remplir les réservoirs pour laisser la place au suivant car c’est panique à bord, tous les bateaux ont eu la même idée que nous, on s’apprête à redémarrer et là… panne de moteur, low battery ! Pas de prise de quai pour recharger, la batterie service trop light pour passer dessus, le bateau suivant qui vient à couple pour faire son plein, et le pompiste qui commence à trouver qu’il nous a assez vus… Heureusement que Mac Giver et son ingéniosité d’ingénieur sont toujours là, il démonte la courroie de l’alternateur service et ca démarre après 1h30 au quai! Y en a qui commençaient à s’impatienter…
Mais finalement, nous sommes fin prêts pour appareiller demain matin avant 11h (moins de 24h après notre passage à l’immigration sinon les coast guards viennent nous déloger!!). Cap sur la République Dominicaine, faute de Cuba où la situation est vraiment trop compliquée entre crise sanitaire, pénuries alimentaires et lockdowns partiels.
A bientôt à Saint-Domingue si le vent nous porte…


Encore merci de nous faire découvrir cette île des Caraïbes Bisous Michèle
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Super billet, merci bien!
400 milles au travers – bon plein ou au « reaching » comme disent les voileux qui se la pètent…
Bonne mer, les zamis!
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SUPERBE aventure qui continue à nous faire vivre ces belles ballades
je me sens en vacance en vous lisant
bonne route
Patrick
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Bonjour,
Que de découvertes intéressantes sur cette île, tout juste connue de nom !
Gros bisous à tous les 4
Marie-Claire
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