Pico – Les Açores – 20/06/2021

Au cours de notre séjour à Horta, nous décidons de laisser Vagabond au mouillage une journée et de partir juste en face, à la découverte de l’île de Pico. Malgré l’insistance du capitaine pour continuer notre tour de l’Atlantique des sommets, nous ne monterons pas jusqu’au plus haut point des Açores et même du Portugal : le mont Pico à 2351m. Nous préférons garder cette unique journée pour faire le tour de l’île et découvrir d’autres paysages. Les enfants sont soulagés d’échapper à une grimpette raide et éprouvante dans de la roche volcanique.

Nous arrivons très tôt, avec le premier ferry du matin, au port de Madalena.

Le village est encore endormi; après avoir récupéré notre voiture, pris un bon café (je n’ai pas perdu cette habitude terrienne malgré le lâcher prise de cette année !) et goûté aux délicieuses pâtisseries de la pasteleria Linu, nous allons voir les azulejos de la belle église de Santa Maria.

Puis nous partons nous promener dans les vignes de Criaçao Velha, au sud de Madalena. Le soleil est encore bas et ses rayons rasants nous permettent d’admirer l’impressionnant paysage qui se déroule sous nos yeux. Au loin, le Mont Pico qui veille majestueux et imposant sur les vignes. Chaque pied est entouré de murets de pierre sèche volcanique pour le protéger du froid et conserver l’humidité. Vu de haut, tous ces murets alignés, construits avec une régularité géométrique forment un étonnant labyrinthe.

Le noir minéral contraste avec le vert presque fluorescent des vignes. Lorsque les premiers habitants se sont installés sur l’île, il a fallu déblayer le sol de cette couche de lave solidifiée pour accéder à la terre en-dessous. A la force de leurs mains, ils ont creusé, cassé la roche et empilé toutes ces pierres, une à une et on ne peut qu’admirer tout ce travail fourni par les vignerons à l’époque. L’endroit est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, on comprend aisément pourquoi.

Notre balade matinale se prolonge par la visite très instructive du musée du vin où Augustin admire le pressoir en bois et les alambics qui servent à distiller la liqueur de figue. Puis nous dégustons le Lajido, le vin blanc local sucré qui se boit à l’apéro ou en dessert. Une bouteille de plus dans la cave de Vagabond…

Faute de partir à l’ascension du mont Pico, nous décidons d’aller à la rencontre des vaches et choisissons une randonnée qui passe à travers les champs au-dessus du village de Sao Roque. L’ambiance est bucolique te champêtre !

Sur la côte sud, nous nous arrêtons à Calheta de Nesquim, un joli port de pêche qui servait autrefois de point de départ des baleiniers. On peut encore y voir leurs barques traditionnelles que les habitants sortent pour faire des régates lors des festivités annuelles.

Après avoir admiré leurs embarcations, nous allons découvrir le mode de vie des derniers baleiniers au musée qui leur est consacré à Lajes do Pico, un joli petit port de plaisance.

Un film très instructif datant des années 70 montre le quotidien de ces hommes souvent pauvres, qui cumulaient plusieurs métiers pour nourrir leur famille. Malgré la violence de la chasse à la baleine et la boucherie sanguinaire du dépeçage des cachalots (cette pratique a fort heureusement été interdite en 1982, on peut tout de même leur reconnaître un sacré courage. Les baleiniers approchaient les cachalots à la voile, puis ensuite, en maniant leurs barques avec des rames en bois, ils harponnaient à la main des animaux qui faisaient au moins 50 fois le poids de leurs bateaux.

D’autres objets insolites ont retenu notre attention pendant la visite : outre de beaux scrimshaws (dessins gravés par les marins sur les os de cachalot pendant les heures de veille à bord), des meubles de maison de poupée en ivoire, et des sandales en poils de biquette, on a découvert une étonnante carte à codes. En maillant les eaux au large avec des combinaisons de chiffres et de lettres, elle servait aux vigies pour annoncer par radio aux baleiniers de leur île le lieu précis où ils avaient repéré le cachalot, sans que ceux des îles voisines et concurrentes puissent s’y rendre avant. La compétition était rude!

Fidèle à son intérêt pour les machines infernales, Augustin est admiratif devant une drôle de table à clous qui servait à broyer le maïs pour en faire des grains.

Un dernier tour sur le petit port de Lajes et une bonne glace pour le goûter et nous partons nous promener dans la forêt de Sao Jao à la rencontre des biches et des faons qui vivent au milieu des grands séquoias et de la roche volcanique.

Chez Ancoradouro, une super adresse de restaurant en bord de mer, face au canal Pico – Faial, nous dégustons au soleil couchant de délicieuses brochettes de poisson et un poulpe grillé d’une tendresse inouïe, arrosés bien entendu du vin blanc local.

Le dernier ferry nous ramène à Horta, exténués par cette longue journée, nos yeux piquent de fatigue mais aussi de tous ces beaux paysages et ces nombreuses découvertes.

A bientôt à Terceira pour de nouvelles aventures…

2 réflexions sur “Pico – Les Açores – 20/06/2021

  1. Bonjour à l’équipage de Vagabond

    Encore une belle ile que nous avons en votre compagnie découverts

    BONNE CONTINUATION MEDITERRANEENNE

    Cordialement

    Patrick

    J’aime

Laisser un commentaire